Lorsque la vigne dit stop au mildiou !

Nous avons retrouvé un texte publié en 2002 par la station fédérale de Changins concernant la résistance totale du cépage Solaris au mildiou. Nous le reproduisons ci-dessous intégralement. En ce qui nous concerne, depuis la plantation en 2003, nous n'avons jamais traité le Solaris contre le mildiou et n'avons constaté aucune présence de maladie. Selon notre expérience, la même résistance a été constatée, par ailleurs, sur 2 autres variétés : le Bronner et le Rondo. Il existe un lien de parenté  dans la généalogie de ces cépages qui sont tous les 3 issus du cépage  "Saperavi Severnyi". Ce dernier est un inter-spécifique très ancien d'origine russe provenant d'un croisement de la variété botanique d'origine asiatique "Vitis amurensis".

 

"Même si le mildiou n'est pas un vrai champignon (c'est plutôt une sorte d'algue), il cause des dommages que l'on sait sur les tissus verts de la vigne. A la Station fédérale de Changins, on a récemment montré qu'un cépage naturellement résistant au mildiou, le Solaris, était physiquement, et de manière tout à fait visible, capable de stopper le mildiou.

La face inférieure des feuilles de vigne est constellée de petites ouvertures naturelles, les stomates. Ceux-ci permettent à la plante d'évaporer ses excès d'eau et de procéder à des échanges gazeux (gaz carbonique ou CO2, oxigène).

Toutefois, c'est exclusivement au travers de ces mêmes stomates que le mildiou va pénétrer dans la plante et en envahir les tissus. Des observations effectuées sur un cépage sensible au mildiou, le Chasselas, montrent qu'en 12 heures déjà, le mildiou est capable de se faufiler dans ces ouvertures et de commencer sa rapide progression dans la feuille.

Il en est bien autrement lorsqu'on observe le Solaris. En tentant d'entrer dans les stomates, le mildiou provoque une rapide réaction de la plante. Celle-ci sécrète immédiatement une substance solide qui bouche littéralement les stomates et empêche donc le mildiou d'y pénétrer. Mieux encore, ces sécrètions débordent suivant des stomates, recouvrent le mildiou et le paralysent. Cette réaction va alors se propager dans les régions voisines de l'infection, provoquant l'obstruction des stomates n'ayant pas encore reçu la visite du mildiou. Nous avons donc une sorte de "vaccination" progressive au mildiou. Des études sont en cours afin de déterminer la composition chimiquede ces sécrétions. Il sera intéressant de déterminer si ce processus de sécrétion est un phénomène commun aux cépages résistants au mildiou ou s'il n'est lié qu'au Solaris."

(Publication de la Station féférale de recherches en production végétale de CHANGINS- NYON, 18/11/2002)